Avec retard… et désolation.

La France a vraiment été victime d’une opération occidentale commerciale de grande envergure qui a provoqué un lynchage médiatique. Mais paradoxalement ces évènements, qui ont fait grand bruit, ont confirmé ce que mon ministère en paroisse dans le diocèse d’Angoulême, près de Cognac, m‘avait appris. L’Eglise de France est forte d’hommes et de femmes qui sont encore intéressés par le message de l’Evangile. Toutes ces réactions, mêmes celles qui ont été dures ou violentes, montrent que le vrai message de l’Evangile est attendu. Il y a des incompréhensions c’est sûr. Leur mode d’expression est significatif d’une fidélité au message d’Amour et de Benoit_XVI.jpg Vérité que porte l’Eglise beaucoup plus qu’à des règles générales du type yaka faukon. Nos églises ne sont peut-être pas aussi remplies qu’ici au Cameroun, mais l’Eglise qui est en France est portée par une diversité de personnes qui donnent plein d’espérance. Y aurait-il eu tant de débats si l’Eglise de France était morte comme on nous le chante si souvent ? Tous ceci dessine un chemin, une recherche, non pas d’une exigence froide mais d’une compréhension attentive des besoins de tout homme.

Si on culpabilise chacun, ce qu’a fait la presse en désignant indûment Benoit XVI, on nourrit un cercle vicieux de haine qui engendre les extrémismes de tous bords, athées comme intégristes. On oublie que la cause de ces discussions de rhéteur c’est une maladie qui touche des personnes dont peu ne veulent prendre en charge la détresse concrète. Les recouvrir de latex n’est pas la bonne solution… l’Eglise sur le terrain l’a bien compris… faut-il rappeler que c’est une des organisations la plus présente face à cette endémie…

Ce qui prime, c'est l'attention à ceux qui souffrent et qui meurent, pas les règles générales. Il faut avant tout de la compassion et de la compréhension, et pas un jugement. Benoit XVI dans son discours ne faisait pas autre chose en appelant à la responsabilité et à l'éducation. On ne résout rien en opposant dialectiquement les idées des uns et des autres, l’Eglise ne combat pas le monde, elle cherche à le qualifier par l’engagement unique de ses baptisés.

Benoit_XVI_et_Paul_Biya.jpg C’est cette source, puisée dans la Parole de Dieu, qui peut générer l’aventure chrétienne dont le Cameroun a besoin aujourd’hui (l’Evangélisation de ce pays n’a que 120 ans !). La morale ne peut se comprendre que dans l’expérience d’une rencontre sinon elle devient cette exigence stérile de justification qui a prévalu suite à la scholastique du début du XX° et combattue par le concile Vatican II. Nos communautés en Europe, appauvries, sont le fruit, entre autres, d’une telle conscientisation fausse. Nous vivons dans des sociétés qui souffrent à cause d’une surprotection. Cela empêche l’homme de prendre la mesure du face à face avec la réalité ; il cherche alors à la fuir dans des pis-aller techniques. Ce que vous avez subi est une caricature du message évangélique.

Vu du Cameroun la problématique étriquée des revues de presse française en a abasourdi plus d’un. Le Camerounais sait que la vie n’est pas d’abord un problème de mécanique ou de technique, c’est ce bon sens qui manque aujourd’hui à l’occident et à la France en particulier. Mais beaucoup des catholiques que j’ai joint par téléphone sont lucides sur les enjeux. Leur souci est réel et sera sans doute la réponse la plus manifeste à tout ce déballage verbal qui passera.