La vie de frère Arnaud au Cameroun

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mardi 6 janvier 2009

Conseils de discipline

C’est dur d’être élève, mais ce n’est pas facile non plus d’être dirlot… Je reçois actuellement les élèves dissipés. Notre système est assez répréhensif… nous contrôlons pas mal le suivi des élèves…

Pere-Arnaud-au-bureau.jpg

C’est plus que nécessaire avec autant d’élèves. Il faut discerner entre celui qui a vraiment chahuté et celui qui s’est fait choppé pour rien. Ce n’est pas facile, mais du coup on punit quelquefois tout le monde, tant pis pour les injustices ! Ce n’est pas la partie du boulot que je préfère vous l’imaginez. Mais nous ne sommes pas les pires car le châtiment corporel est encore pratiqué dans beaucoup d’établissements malheureusement. La punition n’est pas contestée : les enfants savent qu’ils auront plus à la maison…

Je pleure quelquefois en voyant le comportement violent de certains parents et c’est encore une dimension de l’éducation que nous essayons de faire passer. Mais globalement les élèves respectent leurs aînées. Il y a de vrais rapports de confiance entre eux et nous, et cela facilite l’ambiance lorsque nous alignons treize semaines de cours sans vacances…. (Il n’y a pas de congé à la Toussaint).

mardi 30 décembre 2008

Que du changement…

Vos messages de soutien sont des petits rayons de soleil pour m’acclimater à ce Tsunami culturel pour moi. Il me reste du pineau encore mais cela se raréfie et les douceurs de Charente me manquent... Quelques-fois, grâce à un trajet nous recevons du fromage et c’est la fête.

cantines

Les circuits pour découvrir le pays sont limités. Le collège est derrière le prieuré et mon principal déplacement est celui entre ma chambre et le prieuré. Et je le fais à pied !... Ouf pour les Camerounais !

sortie-du-college.jpg

Mais d'après ce que j'ai vu, les routes sont hyper dangereuses et les véhicules n’ont pas toujours leur contrôle technique, loin s’en faut. Rien qu’à l’entrée du collège nous avons enregistré ce trimestre trois accidents graves. Si vous venez ici vous serez effrayés. Nous essayons d’obtenir de l’administration qu’elle mette des dos d’âne à proximité de l’entrée.

dimanche 14 décembre 2008

Vie courante

La misère est assez visible mais l'espérance est à la mesure de leur pauvreté. Peu de choses semblent atteindre le moral d'un camerounais... Du coup, au niveau personnel, elle ne s'affiche pas comme telle. Ce que l'on voit, ce sont des conditions de vie difficiles surtout dans la ville. C’est aussi un défi à relever : comment permettre un partage sans abîmer encore plus une économie fragilisée par la corruption et l'absence de marché du travail.

Echoppes du marché central à Yaoundé Echoppes du marché central à Yaoundé

Au collège, les inégalités sont criantes car nous accueillons à parts égales les deux extrêmes de la vie sociale. Nous avons plein de fils de ministres ou d’exploitants de matières premières qui cohabitent avec des camarades dont les parents ne savent pas comment nourrir leur famille avec l’augmentation des aliments de première nécessité.

L'autre jour un enfant a voulu fêter son anniversaire avec ses camardes de classe ; ses parents ont dû dépenser à cette occasion autant que le salaire mensuel d’un papa de certains élèves de la classe...

samedi 6 décembre 2008

Petites découvertes de préfet….

Ah ! au fait, j'ai découvert que la plupart des fables de La Fontaine (Le corbeau et le renard, La cigale et la fourmi...) étaient un plagia d'un auteur de l'antiquité grec appelé Esope... vous le saviez ? En fait, comme ici au Cameroun ils sont encore bien affectés par la colonisation, ils peuvent les étudier dans leur origine greque plutôt que dans leur plagia des blancs. (Bon, les Grecs sont blancs et ils ont pas mal colonisé mais c'était il y a plus longtemps...)

1er croissant de lune On a eu un problème récent assez marrant, c’est le ramadan…

Il paraît que pour déterminer la fin du ramadan (congé national ici), l’imam sort pour voir quand la lune est en train de croître et il ne se réfère pas à un calendrier. Ce qui fait que ce jour de congé est totalement aléatoire mais obligatoire…

Aussi cette année, un dimanche, veille d’examen et fin probable du Ramadan, nous étions pendus à la radio pour savoir si l’imam avait vu la lune. Or on ne savait rien car sa ballade nocturne n’a rien donné cette nuit-là.

C’est hyper simple pour s’organiser. Pour les examens du lundi, si nous étions en congé nous les aurions reportés, mais comme l’imam n’a rien vu et bien il y a eu école et examens le lundi, et congé le mardi car c’est le lundi soir qu’il a vu la lune… Top ! Bon tout le monde est au courant ; certains élèves en ont quand même profité pour faire le pont. Nous les avons sanctionnés.

Paul Biya En fait ici, à la capitale, il n’y a pas de grandes communautés musulmanes, elles sont au Nord, près du Tchad… mais leur influence touche le pays car Paul Biya (Paulo pour les intimes, en fait le Président camerounais) est proche de ces communautés.

dimanche 30 novembre 2008

Un premier bilan

Sur 700 élèves pour la préfecture 6èmes et 5èmes, dix manquent à l'appel, ce n'est pas trop mal. Ils vont désormais consommer un nombre impressionnant d'heures de cours, de surveillance, de contrôle, de temps de pause et d'activités périscolaires. Autant d’animations que je dois gérer aussi.

petit collège Le petit collège de la 6ème à la 4ème

Nous sommes organisés en séquences, décidées par le ministère de l’éducation, elles sont au nombre de 6 (deux par trimestre) et sont clôturées par un bulletin de séquence qui récapitule à la fois les données scolaires et disciplinaires. Les lundis sont les jours de contrôles. Il faut trouver 13 surveillants pour encadrer tout ce petit monde et vérifier que les sujets ont été apporté à temps selon le calendrier que nous avons établi en début de séquence.

Nous faisons le point une fois par semaine avec les cadres du collège dans un conseil de direction, et je retrouve aussi à la même cadence les responsables de la préfecture pour faire le point. Chaque classe de 70 élèves est suivie par un titulaire. Ce dernier fait le point tant avec les élèves qu’avec les parents et il me fait remonter les impressions et difficultés. Je suis donc souvent en réunion.

dimanche 23 novembre 2008

En plus nous sommes un postulat…

Voilà pour le prieuré nous essayons de nous voir régulièrement mais les apostolats, bien différents des uns et des autres, ne rendent pas les choses faciles. je trouve que nous n'y arrivons pas si mal. Ce sont des frères qui désirent vraiment vivre en prieuré et cela ne pose aucun problème, il y a une grande confiance entre nous. Il n'y a pas de jeunes frères, nous sommes tous profès perpétuels (5 prêtres, un diacre), plus deux postulants qui sont là pour un an afin de discerner avec nous leurs motivations ; l'an prochain, si tout va bien, ils rejoindront le noviciat.

élèves et arbres à calebasses élèves et arbres à calebasses

A propos du noviciat il paraîtrait que celui de st Jodard a pris feu... Tout le bâtiment, chapelle, cuisine, réfectoire, sur lequel j'avais tellement oeuvré pour le remettre à neuf, à complètement disparu. Un ouvrier aurait laissé une ponceuse surchauffer avec sa sciure dans le choeur...

Heureusement il n'y a eu aucun blessé. Les pompiers ont mis une journée pour maîtriser l'incendie paraît-il... mais les frères sont obligés de se rapatrier ailleurs pour deux ans car les travaux de réfection vont être colossaux et les pourparlers avec l’assureur éternels. Que du bonheur !

vendredi 14 novembre 2008

Le prieuré

Etre "dirlot" demande pas mal de concentration et de présence d'esprit. J'ai la journée du samedi pour me reposer au prieuré où les frères assurent le relais.

Nous sommes sept frères ici : outre le chef (n°1), "moa" (n°2) et l'aumônier général, qui est aussi le prieur, il y a deux frères sénégalais qui assurent avec l'aumônier les cours de catéchèse dans toute les classes.

Père Arnaud

C'est un énorme boulot car il y a 6 classes par niveau et 7 niveaux, soit 42h de cours à trois par semaine pour préparer et corriger les copies ; et oui il y a des exams et si on n'a pas dix en religion on ne passe pas en classe supérieure ! A cela s'ajoute des activités supplémentaires non négligeables : messe de niveau, une par semaine, temps de rencontre à l'aumônerie, pèlerinage, participation aux rencontres diocésaines....

Il y a deux frères qui sont engagés sur le collège pour ces interventions ponctuelles ; l'ancien n°2 que je remplace, et un frère qui assure des missions hebdomadaires dans tous le Cameroun. L'ex n°2 est ici pour préparer des études en théologie, il donne aussi des cours à Simbock, notre noviciat ici. Le frère missionnaire est un grand original breton plus camerounais que les camerounais (cela fait 15 ans qu'il est dans le pays et quand on nous voit dans la rue plutôt que de nous appeler les petits gris on nous interpelle avec son nom, Hervé Marie...) A force d'Evangéliser les paroisse les plus reculées et de faire des opérations d'évangélisation contre les sectes (réunissant facilement de 500 à 2000 personnes) il a acquis une réputation impressionnante....

samedi 1 novembre 2008

Pourquoi tout cela ?

J’entends l’objection d’ici de certains qui souffrent du manque de prêtre en France : N’y a-t-il pas au Cameroun des personnes plus compétentes capables de faire tout cela ?

Au-delà de l'administratif, il y a un grand enjeu d'éducation dans la Foi et de rectification spirituelle pour tous ces enfants qui sont pris entre le "mystique" (c'est à dire les rites louches du village), les grosses campagnes protestantes ou sectaires qui promettent monts et merveilles et exploitent la fibre intéressée de la religion, les musulmans, qui ne sont pas très nombreux mais très pratiquants et donc motivés, et le monde moderne avec ses grands mirages qui arrivent comme un Tsunami....

Etre à la tête du premier collège du Cameroun permet d’apporter des lumières concrètes à ces futures adultes qui auront demain à faire des choix chrétiens dans une société en pleine mutation. Les 7 frères du prieuré sont tous engagés dans cette tâche et s'y donnent à plein. La demande est vraiment là... soutenir cette œuvre c’est soutenir l’Eglise de demain. Pas seulement au Cameroun mais dans le monde. L’énergie de prière qui jaillit des cœurs ici est féconde pour le monde entier.

Internat L'internat

Benoit XVI ne s’est pas trompé lorsqu’il a orienté le synode de la Parole de Dieu du mois d’octobre vers les pays émergents beaucoup plus que vers les nations historiquement chrétiennes mais fatiguées par les attaques répétées des zélateurs païens.

Une des forces de ce pays c’est de savoir mettre au service des familles toute la fougue de la jeunesse pour permettre aux anciens, plus atteints dans leur corps, de garder une vraie dignité et de transmettre leur sagesse acquise sur l’expérience. Au niveau du corps tout entier de l’Eglise il ya quelque chose d’analogue. Soutenir la jeune Evangélisation ici c’est donner raison à l’expérience riche et spirituelle dont la France regorge.

Ne nous enfermons pas dans des maisons de retraites spirituelles mais acceptons notre histoire et soyons présents et attentifs au renouveau qui bouscule mais qui rajeunit et maintient en vie. Nous avons tout à y gagner.

samedi 25 octobre 2008

Du retard dans mon blog ???

Vous êtes quelques-uns à me dire que le blog n’est plus à jour. Et c’est vrai. Sans chercher des excuses je voudrais vous en donner la raison. C'est la connexion d'ici qui dicte l'usage d'Internet et elle n'est pas régulière... quelquefois le soir… quelquefois le matin… et souvent pas du tout ! Or nous commençons nos journées à 5h du mat’, pour être sur le pont au collège à 7h, (après l’oraison, les laudes et le petit déjeuner). Je n'ai pas encore pris le rythme, j'ai des coups de pompe. Il va falloir que j'apprenne à me coucher plus tôt, sinon je ne vais pas tenir... La journée bien remplie invite à un coucher pas trop tardif, et après 21h 30 ... seul une lecture en cellule avant le coucher me détend un peu.

Parrrrdon ! (comme on dit ici) je repousse chaque fois l’exigence de vous donner des nouvelles. Mais j’aurai bien besoin de lire quelques-uns de vos commentaires… ça soutiendrait mon moral et m’encouragerait...

Attention voilà les élèves

Un enfer quoi !! J'ai effectivement peu de temps pour souffler. Je m'apprête à recevoir ce lundi les 2600 élèves ; Comme je suis préfet du cycle d’observation, je dois gérer les 700 sixièmes cinquièmes (liste de classe, accueil, répartition des salles...).

Bon, cette rentrée s'est passée sur les chapeaux de roue. Je l'avoue bien humblement, j’ai été un peu dépassé. Le premier jour j'ai dû faire la morale aux petits sixièmes qui venaient d'arriver. Ils sont vraiment tout petits car les parents mettent un point d'honneur à les inscrire le plus jeune possible à l’école. Les premiers ont 9-10 ans... en bout de chaîne il n’est pas rare de voir des ados de 15 ans à l’université… La dernière petite que j'ai acceptée avait encore sa poupée dans les bras... Bon, "on va le faire" (comme on dit ici). Face au 350 sixièmes, j’ai repensé avec nostalgie au doux temps où je retrouvais les 20 CM1 dans l'église pour introduire la catéchèse, ce n'est pas vraiment la même chose....Je ne leur ai pas dit de se "sortir les doigts", car cela ne convient pas à ma fonction, mais c'était bien le sens de mon propos...

Collège Vogt Une rentrée au collège Vogt

L'ambiance avec le corps enseignant et administratif est bonne, les profs sont sympas, mais c'est normal aussi car c'est moi le DRH et je suis censé à la fin du trimestre leur verser une prime s’ils ont bien travaillé. Du coup ils m'aiment bien...

Je plonge toute la journée mon nez dans des fichiers informatiques et je ne vois pas beaucoup le jour ni les enfants en plus j'ai même réussi à chopper la crève... Mon premier WE de libre pour visiter la ville et connaître le pays s'est passé au lit. Ce n’était pas le palud et le lundi 7h j’étais d’attaque pour mon premier rassemblement : parler devant 2600 élèves. J’ai vu plus de noms sur un fichier que les élèves eux-mêmes… C'est un peu frustrant, j'espère pouvoir prochainement faire des petits tours dans la ville, histoire d'apprivoiser leur milieu de vie ; je vous raconterai.

Un projet qui se construit

Pour aider quelques jeunes de France à grandir dans la Foi par le service, nous avons mis en place une association qui veut répondre à l’appel de Benoît XVI pour les jeunes à Paris ; « Les jeunes sont ma préoccupation majeure (…) ils sont fragiles et doivent affronter seuls une réalité qui les dépasse. Il est donc nécessaire de leur offrir un bon cadre éducatif et de les encourager à respecter et à aider les autres afin qu’ils arrivent sereinement à l’âge responsable. L’Eglise dans ce domaine peut apporter sa contribution spécifique ».

Notre association se nomme ASEP : Service, Evangélisation et Prière (son nom laïc, administratif et soft est en fait Service Entraide et Partage).

Nous associerions des lycéens de Cherves, avec peut être des jeunes d’autres prieurés, pour venir partager leur dynamisme avec les chrétiens d’ici. 2-3 jours près de Douala au début pour apprendre le pays, sa culture avec un professeur du collège et faire un temps de retraite silencieuse, pèlerinage sur le premier lieu d'évangélisation du Cameroun etc. Puis départ pour le collège Bari (tenu par nos sœurs apostoliques) en brousse à Batouri, où nous serions attendus pour une quinzaine de jours : Construction, entretien et peinture. Outre les temps de prière communs, nous aurons des temps pour du soutien scolaire avec les enfants. Enfin les trois derniers jours détente, visite du collège Vogt, rencontre et partage avec quelques élèves, baignade et visite touristique.

Mais ce projet dépend du financement que les jeunes pourront trouver. Leur départ dépend également de ce qu’ils auront pu gagner avec des gardes d’enfant, travaux dans les vignes et autres ventes de gâteaux. Je souhaite qu’ils trouvent la totalité de l’argent (ce qu’ils ont commencé à faire depuis un an) pour leur voyage. C’est un gros défi pour eux et je ne peux pas leur en demander beaucoup plus car ils préparent pour la plupart le Bac. Votre aide nous serait précieuse pour compléter le budget matériel : peinture, frais et financement d’un tel échange.

Si cette aventure vous touche, tant pour la Foi de jeunes français que pour soutenir des petites structures d’éducation ici au Cameroun merci d’envoyer vos dons à : Christine FIEVET, ASEP, 6 rue du Docteur Guillotin, 17100 Saintes.

lundi 8 septembre 2008

Une rentrée administrative

L'atterrissage n'est pas très facile. Tout me semble un peu ubuesque mais je m'accroche et la joie de savoir que j’œuvre pour l’Evangélisation d’un jeune pays dans la Foi me transporte pour dépasser tous ces petits inconvénients.....Voilà donc, je suis bien face à un gros chalenge mais j'y arriverai car les frères sont supers (je m'entends bien avec le boss ("numéro un") qui est un frère.

31..08 : La vie s'intensifie. Je viens de finir les admissions pour les élèves de 5ème et 6ème, 350 par niveau ! Nous sommes assez fiers car nous sommes les premiers aux résultats officiels (Brevet, probatoire et Bac) pour l'académie et peut-être même pour tout le pays. Ce n'est pas tant pour les résultats que nous nous réjouissons mais plus parce qu'ils nous permettent de mettre en place facilement les éléments d’un éducation chrétienne, sans trop d’embûches par rapport aux directives administratives, et de mener à bien notre projet éducatif proche des besoins et des manques de ce pays (corruption, confiance, fausse piété, etc.).

Le bureau au collège Mon bureau

Cette semaine clôt les vacances : lundi rentrée des profs, et dans une semaine rentrée des élèves. Je vais devoir faire des introductions aux sixièmes en les invitant à travailler et à se responsabiliser dans leur avenir... Ce sont des discours que je connais bien pour les avoir subis de multiples fois, mais cette fois je suis de l'autre côté de la barrière !

L'activité est dense mais supportable : les élèves ne sont pas encore rentrés !! nous oeuvrons pour installer les salles de classes, arranger les emplois du temps et finaliser les dernières inscriptions. Nos succès aux examens d'Etat de l'an dernier nous mettent au premier rang, du coup tout le monde, surtout les plus nuls, demandent à rentrer chez nous... et il faut dire non... Il y a une queue de 10 personnes tous les jours devant le bureau. En plus, il faut recevoir les profs qui veulent travailler au collège et leur dire que nos effectifs sont complets... voilà de quoi m'occuper. Bon, ceci dit ça va, les gens sont extras ici et l'ambiance est bonne.

Attention voilà les élèves…

La cour d'honneur du collège La Cour d'honneur du collège

samedi 6 septembre 2008

1ers jours au bord de la mer

Lors du voyage, j’ai retrouvé sur le tarmac de l’aéroport de Casablanca un autre frère qui sera chargé des travaux du collège. Il est Sénégalais et il mesure presque 2 mètres. Enfin quelqu’un de plus grand que moi (en plus il parait que c’est le plus petit de sa famille). Nous avons souffert tous les deux du manque de place dans l’avion mais nous avons pu rapidement nous réfugier sur les places d’issues de secours pour étaler nos jambes.

A peine arrivés, nous n‘avons eu le temps que de déposer nos affaires au prieuré et de partir pour Kribi ; les frères ont installé à trois heures de route de Yaoundé, près de Douala, un bungalow pour changer d’air au bord de la mer. Quatre jours, assez dépaysants quand même sur une plage entre la forêt tropicale et la mer ; paradisiaques, sauf au niveau des conditions de vie un peu sommaires quand on débarque de France, mais plus qu’honorables pour le Cameroun ! Nous avons bien travaillé... et visité quelques sites où la végétation est impressionnante de vitalité !

Un petit coin sympa pour ceux qui viendraient ici ; point de vue confort c'est sans doute pas encore le paradis mais point de vue paysage on n’en est pas loin...

une vue de la plage de Kribi une vue de la plage de Kribi

Je suis rentré heureux de retrouver le "confort" du prieuré, Internet marche toujours avec autant d'irrégularité… Le collège est vraiment vide ! mais il ne va pas tarder à se remplir croyez-moi. La semaine prochaine rentrée administrative (des profs) et la suivante ce sont les élèves ; encore trois jours de calme quoi !

mercredi 3 septembre 2008

Quelques impressions en avant-première

La situation n’est pas simple mais les camerounais ont une Foi étonnante et joyeuse. Nombre d'entre eux vivent encore en famille, quelquefois blessée ou en prise au manque de moyens financiers. La condition de la femme est très inconfortable, en particulier à cause de la polygamie, ou des enfants nés hors-mariage qu’elles assument. Elles ont un courage incroyable pour maintenir le tissu de leur famille élargie.

Le contexte de superstition (ici on dit "mystique") fait beaucoup de dégâts, on va assez facilement voir le marabout dès que surgit un problème ! le résultat est catastrophique car chacun vit avec la peur de son geste (réel ou imaginaire) et il s’installe une fatalité contraire à la Foi et peu propice à l’édification sociale et économique d’un peuple.

Les frères ont beaucoup de demandes apostoliques. La priorité c’est le collège mais nous avons un frère qui parcoure le pays avec des méthodes d'Evangélisation de masse, (type mission paroissiale) Il réunit plusieurs centaines de personnes à chaque rencontre et donne à chacun un regard nouveau sur la pratique religieuse, qui passe par l'adoration, le service aux autres et l'engagement communautaire.

C’est vraiment merveilleux de constater une telle soif présente partout. Lorsque je rentre fatigué au prieuré après une journée au collège, je trouve souvent deux ou trois jeunes qui demandent une confession ou un entretien spirituel. Je vous avoue que je bougonne intérieurement, et puis je repense à la joie que ces rencontres me procuraient et à leur trop petit nombre en France et donc j’essaie d’y répondre.

l'accueil du prieuré à Yaoundé L'accueil du prieuré à Yaoundé

J’ai pu rentrer dans certaines maisons souvent recouvertes de pan de bois ou en béton grossier... mais ce n'est pas pour faire typique ou moderne ; les travaux, la plupart du temps, ont du être stoppés faute de moyens. En attendant des jours meilleurs, la famille habite la structure inachevée. Tout est ouvert, il n’y a pas besoin de carreau car la température ne descend pas en dessous de 20° ! Par contre il faut s’abriter contre la pluie qui peut être très abondante. Le mobilier est plutôt imposant et fonctionnel. Le Cameroun est un pays exportateur de bois. Cela donne lieu à des rencontres surprenantes sur de petites routes : d’énormes camions transportant jusqu’à 8 ou 10 grumes et roulant à vive allure. Les Camerounais fournissent et assemblent les meubles dans beaucoup de pays... C'est du travail mastoc qui n’est donc pas forcement très joli ... Les fruits des arbres sont abondants, très colorés et goûteux. Je mange des papayes, des mangues et surtout des bananes superbes et excellentes !

La pratique religieuse est très communautaire et encore nombreuse mais on se dit que, si on ne responsabilise pas les cœurs et le intelligences, tout ceci pourrait bien vite s'écrouler. Les gens assistent beaucoup plus qu'ils ne participent à la messe. Heureusement, au collège le travail des frères se ressent très fort et les personnes sont très engagées dans des mouvements d'action catholique très vivants.

Voilà le climat ne m'a pas encore assommé... La France, Cherves, ses douceurs et ses habitants me manquent quelquefois mais le travail me fait vite passer la nostalgie. J'ai choppé la crève (pas le palud) du coup je suis resté couché tout un week-end… super !

lundi 1 septembre 2008

Un départ émouvant...

J’avais promis de vous raconter mes premiers pas dans un blog… (Comment je suis rentré dans la peau d’un directeur…Les différents voyages au Cameroun que j’ai fait… etc.…) et puis le temps passe et me voilà sur le départ définitif après un aller-retour en juillet. Un départ émouvant : Après un séjour au Cameroun en juillet, où j’ai pu prendre connaissance de mes nouvelles fonctions, je suis revenu accompagner les jeunes de la paroisse pour passer quelques jours à Marseille ; un temps avec frère Jean-Eudes, votre nouveau curé… puis nous avons vécu une messe émouvante et riche d’amitié à Cherves. J’ai eu la joie, pendant ces quelques jours, de revoir plusieurs d'entre vous, le temps était propice aux conversations… auprès du feu, tellement il faisait mauvais ! Que chacun de ceux qui m’ont fait part de leur marque d’amitié soit remercié ; à bien peu, je réussirai à répondre ; à Yaoundé, Internet fonctionne épisodiquement et le temps me fait défaut, l'apostolat est accaparant.... J’ai pris quelques jours pour saluer les parents et ma famille. Ensuite, j’ai du peser mes bagages, alléger dans la poubelle tout ce qui était inutile et finir par quitter le sol français un lundi matin. J'ai eu des échos de la paroisse réguliers ; père Jean-Eudes fait un bon travail d'approche et arrivera vite à trouver de bonnes marques. Un autre frère (Juantzin) est parti aussi pour le Brésil, ce qui va encore alourdir sa charge…

un départ émouvant Pot de l'Amitié à Cherves le 10 août 2008

mercredi 20 août 2008

Nos jeunes camerounais vous remercient de votre aide…

Nous aurions besoin de clés USB, peu importe la taille (petites, moyennes ou grandes) ou l’état (usagées, publicitaires ou neuves), toutes nous seront fort utiles.

Nous recherchons une (ou plusieurs) personne pour collecter les divers petits colis, reçus directement par des amis ou envoyés par la poste, et dont le contenu nous est nécessaire ici ; l’idéal serait que cette personne puisse les apporter à l’aéroport de Roissy lorsqu’un frère ou une sœur vient nous rendre visite sans avoir pris tout son quota de bagage.

N’hésitez surtout pas à nous envoyer vos intentions de messes, notamment pour les frères prêtres.

Par ailleurs, toutes vos initiatives sont toujours les bienvenues : actions dans vos paroisses, groupes, associations, ventes de gâteaux, concerts...

Merci encore à chacun d’entre vous pour votre aide si généreuse tant les besoins sont nombreux dans ce pays. Vous pouvez adresser vos dons à :

M. & Mme Dominique PONCET, "Le Bon Vouloir", 71460 Chissey-lès-Mâcon.

Veuillez libeller les chèques à l'ordre de "Congrégation Saint Jean - Yaoundé", en nous précisant si vous désirez recevoir un reçu fiscal (sauf pour les intentions de messes).

dimanche 17 août 2008

Le blog de frère Arnaud

Bonjour à tous,

en attendant la lecture de mes premiers billets sur le Cameroun, voici le lien vers la communauté de Saint-Jean.

page 2 de 2 -